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Les fablabs

La révolution numérique au service de l'innovation industrielle

Conférence de Vincent MARCE

Conférence de Vincent MARCE

Chargé de mission étude et prospective à Orléans Val de Loire Technopole, organisme qui œuvre au développement économique via l’innovation sur le territoire.


Histoire des Fablab :

Dans les années 90 au sein du Média Lab du Massachusetts Institute of Technology le chercheur Neil Gershenfeld créa un cours nommé « Comment créer n’importe quoi ». Face au succès de ce cours, le programme Fablab était né. L’objectif était de sensibiliser les étudiants à la fabrication numérique. Ensuite, l’objectif fût d’essaimer au-delà du MTI. Le but étant de permettre à quiconque de pouvoir lui-même créer son espace Fablab. Ensuite des Fablab virent le jour dans le monde entier.

On en trouve dans les collèges, écoles, universités, villes. A Barcelone Fablab Laac, au Portugale Paredes. Ce sont souvent de grandes salles avec les équipements. Depuis un an, la création a explosé en France, un des premiers fût celui de Toulouse. Airbus a travaillé avec eux.


Qu’est-ce qu’un Fablab ?

C’est un lieu ouvert, d’apprentissage et d’expérimentation dédié à la fabrication numérique. Qui favorise le « faire soi-même ». Il a pour objectif de permettre à quiconque de concrétiser un prototype modélisé sur un ordinateur. Tout commence par un travail de CAO qui servira de base aux machines qui réaliseront l’objet.

Les Fablab accueillent de nombreux profils d’usagers de tout âge, ils forment un lieu de rencontre, de collaboration, d’animation, de découverte des technologies et des possibilités (Open labs). Utilisation de supports logiciels, de machines, de travaux open source. En terme d’électronique, quelques plateformes très simples de types arduino permettent d’avoir des fonctions intelligentes pour capter et gérer de l’information. Les participants s’aident de plateformes d’informations et de cours en ligne spécifiques aux Fablab (mooc) et ouvert à tous. Ils fonctionnent sur l’échange, l’accompagnement ainsi que sur le partage des ressources (fichiers, codes…), la naissance d’idées et de projets nouveaux. Des formations gratuites ou payantes peuvent compléter les possibilités. Les moyens techniques sont simples et peu couteux, utilisables sans expertise technique. On y rencontre des designers, des bricoleurs, des entrepreneurs souhaitant fabriquer un petit prototype rapidement, des architectes souhaitant fabriquer des pièces de leur maquette.

On y va pour apprendre et expérimenter, c’est un lieu d’innovation où l’on converti des idées en valeurs économiques. Un cahier des charges n’est pas nécessaire.

La création de Fablab au sein des entreprises engendre une synergie entre les salariés, Ces derniers se rencontrent, expriment leurs idées, ils sont pris en considération.

On y fabrique rapidement des objets simples à composantes mécaniques et électroniques. Un vélo électrique, une lampe, un vêtement 3D après scan du corps. Des Fablab s’associent aussi à des organismes internationaux pour réaliser des prothèses de jambes destinées aux enfants victime de la guerre par exemple. Production à moindre coût facile à reproduire, les productions sont en principe des objets potentiellement intelligents (connectés). On a vu aussi plusieurs Fablab se mettre ensemble pour réaliser un projet plus complexe.

Dans les phases très en amont dans le déroulé du développement d’un produit, aux Etats-Unis notamment, le Fablab est presque déjà devenu une étape standard dans les différentes étapes de la création d’entreprise. Par rapport à un partenaire c’est mieux d’avoir quelque chose de concret à présenter plutôt qu’un bon PowerPoint.


Le Fablab en tant que technopole à Orléans :

Lieu de pacification qui suscite l’innovation de produits pour amener du développement économique. Il doit être un moyen de déclencher des projets dormants et nouveaux en créant des synergies entre les publics qui vont se rencontrer dans ce type de lieu pour combler un manque dans la structuration de l’aide aux porteurs de projets. Le Fablab doit être au plus près de l’idée pour la concrétiser et s’adapter aux nouveaux modes de production (open innovation, open sources). Il doit permettre de rassurer les futurs créateurs d’entreprise de franchir le pas et d’assoir la faisabilité de leur projet.

Le Fablab à Orléans essaie de se placer au centre d’un certain nombre d’acteurs : des créatifs, école d’art et de design, des architectes, des artistes, des créateurs d’entreprise et des entreprises existantes. Le fablab peut apporter la compétence manquante pour réaliser un complément d’étude ou une validation avant d’aller demander une prestation à une entreprise. Etudiants, doctorants, lycéens, collégiens, aux particuliers, ce Fablab s’inscrit dans un réseau de Fablab en France et à l’étranger.

Les projets sont de construire des machines, de développer des robots à travers une offre de découverte et de formation. Le souhait est de travailler avec les centres de ressource technologique, les laboratoires les structures d’accompagnement, d’autres entreprises apporteuses de solutions. Pour des personnes qui cherchent une solution de fabrication ou technique. Parmi d’autres partenaires il y a des financeurs. Tout cela dans l’optique de création de valeur industrielle.

Il y aura des moments gratuits et des moments payants en fonction du type de travail réalisé.

On pourra suivre des visites, des conférences, des rencontres thématiques, des formations. On pourra utiliser du matériel, des logiciels. Il y aura une assistance auprès des novices mais aussi des entreprises vers leurs projets. Possibilité de louer des salles ou d’accueillir des associations et des institutions (Petits Débrouillard, écoles, clubs…).

Le but est de contribuer à la sensibilisation des jeunes, aux techniques de fabrication et aux vertus de l’industrie pour le développement économique.

Depuis 2011 le Fablab travaille à son montage avec la recherche de partenaires, avec des études de viabilité, des financements afin de rendre le projet pérenne. L’ouverture est prévue à la rentrée 2014 dans l'école d’ingénieur Polytech à Orléans.


Pourquoi ça fonctionne ?

Les porteurs de projets n’ont pas tous les moyens nécessaires au développement de leurs idées.

- Pas de lieu d’expérimentation avant de rencontrer des partenaires

- Permet d’éprouver une idée avant de continuer dans la démarche d’étude

- Permet de trouver les connaissances avec l’accès à un réseau de personnes disposant de compétences.

- Permet de dialoguer et d’échanger dans un domaine où chacun n’est pas forcément très familier.

- Accéder à des moyens couteux.


Les moyens techniques:

Une Découpe laser : (la plus utilisée dans un Fablab, d’avantage que l’imprimante 3D) elle est pratique, simple d’utilisation, et rapide.

Fraiseuse numérique haute résolution : Elle enlève de la matière dans des matériaux type bois, mousse, pour fabriquer de petites pièces prototypes. Elle permet de faire des pièces mécaniques, de créer des moules et des circuits imprimés simples.

3 Imprimantes 3D : Les moins couteuses déposent à l’aide d’une buse un fil plastique fondu et réalise ainsi un objet par ajout de matière. La qualité est honorable, c’est pratique pour le prototypage, rapide dans la limite des capacités réduites de la machine. Les imprimantes à deux buses offrent plus de possibilités dans les couleurs ou les matériaux. Aujourd’hui, il y a un certain choix dans les fils plastiques, il existe des fils très rigides, d’autres très élastiques, d’autres conducteurs d’électricité, d’autres encore transparents, le fil en PLA est entièrement biodégradable… Pour les formes complexes, l’apport d’un fil support facilement détachable avec la deuxième buse permet un très bon état de surface de la pièce finie. Des modèles plus performants permettent de réaliser des pièces assemblées comme un roulement à billes, le résultat est étonnant.

Des imprimantes autoréplicables permettent en réalisant certaines pièces sur une autre imprimante de faire baisser le prix de manière significative.

Les imprimantes par frittage laser permettent un résultat haut de gamme mais sont beaucoup plus chers.

Scanner à main 3D : permet en quelques secondes de scanner le buste d’une personne par exemple. Le fichier récupéré peut être retravaillé imprimé en 3D. C’est très simple à manipuler, c’est très peu cher.

Plateforme de développement électronique : de type arduino. Ce sont des cartes permettant de communiquer avec des capteurs, des moteurs… Le système est déjà très prisé, l’environnement est simple, la documentation abondante, de nombreux programmes circulent librement sur le net, permettant de réaliser facilement les montages que l’on souhaite.

Logiciels de CAO: Logiciels mécaniques, électroniques.

Défonceuse: Travail comme une fraiseuse mais avec des capacités plus importants.


Conclusion :

La limite des Fablab c’est notre imagination.


Pour aller plus loin :


fablab.tech-orleans.fr

Adrien Grelet TOBECA (imprimantes 3D)

Reprap.com

Usinette

Repetier (logiciel 3D)

fing.org

MEN
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